
Vous rédigez vos articles dans WordPress, vous soignez votre titre, vous le passez en H1 et vous attendez que Google comprenne enfin le sujet de la page. Sauf que dans le code source, la balise n’est pas là où vous l’avez posée. Votre thème a mis la sienne, ailleurs, et l’éditeur de contenu n’a rien changé au schéma général. Résultat : deux titres de niveau 1 sur la même page, une hiérarchie qui part dans tous les sens, et une bonne dose de travail invisible pour le référencement.
Ce que Google lit vraiment dans votre code
Un moteur de recherche ne voit pas votre page comme vous, il la lit comme un fichier HTML, ligne après ligne. Six niveaux de titres existent, du H1 le plus important au H6 le plus discret, et chacun s’écrit sous une forme très simple du type
Mon titre
.
Si votre gabarit en génère un avant même que votre contenu ne commence, Google prend le premier qu’il croise et considère l’autre comme un doublon. Les bonnes pratiques de balisage, détaillées sur jot2016saint-etienne.fr, rappellent qu’une page porte un seul H1 clair et descriptif, que les H2 découpent les grandes parties et que les niveaux suivants affinent sans jamais sauter une marche.
Le problème vient rarement du contenu. Il vient du fichier PHP de votre thème, qui imprime un titre de page dans l’en-tête pour des raisons purement graphiques. Votre H1 rédigé dans l’éditeur arrive après, noyé au milieu de paragraphes. Deux titres de même niveau, donc, et une ambiguïté que Google tranche à votre place.
Trouver qui imprime quoi, et où
Ouvrez votre article dans un navigateur, faites un clic droit et demandez le code source de la page. Cherchez toutes les occurrences de la balise h1 avec la fonction de recherche du navigateur. Si vous en trouvez deux, vous tenez la source du conflit. La première est presque toujours générée par le fichier header.php ou single.php du thème, la seconde par le bloc titre de l’article ou par un constructeur de pages.
Le repérage demande dix minutes et évite des semaines de tâtonnement. Notez aussi les H2 : certains constructeurs transforment chaque bloc en titre de section au moment de l’affichage, sans que vous ne l’ayez jamais demandé. Le guide complet sur les balises Hn dans WordPress, publié le 26 mars 2018 et mis à jour le 3 octobre 2026 par Fabrice Ducarme, signale justement des sites avec trois H1 sur une même page, un classique du genre quand le thème, le constructeur et l’éditeur s’empilent.
Trois profils de conflit à reconnaître
Le conflit prend des formes différentes selon la façon dont votre site a été assemblé. Voici celles que l’on rencontre le plus souvent sur les sites que l’on m’a confiés, du cas simple au plus retors.
- Le thème affiche le titre de l’article en grand dans l’en-tête, puis l’éditeur en ajoute un second dans le corps, visuellement discret.
- Un constructeur de pages qui remplace le contenu natif au point que vos H2 n’existent plus dans le code final.
- Et si vous changez de thème demain, combien de vos titres vont survivre à la migration ?
- Des H3 posés sans H2 parent, cas typique d’une page dont une section entière a été supprimée en cours de rédaction.
Aucun de ces cas ne demande de repartir de zéro. Marlène Viancin, auteure d’une page publiée le 5 mars 2026 sur les balises de titres, rappelle qu’un Hn ne doit pas servir pour un widget, un footer ou un bloc répétitif. C’est une règle de bon sens que beaucoup de thèmes ignorent.

Reprendre la main sans casser le design
La solution tient en une décision : un seul endroit imprime le titre principal, et c’est l’éditeur. Pour cela, il faut supprimer l’appel au titre dans le gabarit du thème. Dans la plupart des cas, il suffit de retirer la fonction d’affichage du titre dans le fichier concerné, ou de décocher l’option correspondante dans le panneau du thème si elle existe. Sur ce point, voir aussi notre article sur balise hreflang 404.
Attention au piège visuel. Le titre du thème porte souvent la mise en forme de la page : taille, graisse, marges. Si vous le retirez sans rien faire, votre article commence par un filet de texte sans relief. Deux pistes s’offrent alors, soit vous reproduisez les styles sur le titre de l’éditeur, soit vous gardez le bloc du thème mais le passez en paragraphe stylé afin qu’il ne compte plus comme titre.
Fabrice Ducarme, qui revendique 15 ans de WordPress et plus de 340 articles publiés sur wpformation.com, insiste sur ce point : la hiérarchie se pense avant la mise en forme. Un titre n’est pas un texte plus gros qu’un autre, c’est une information destinée aux moteurs.
La méthode que j’utilise sur un site existant
Sur un site déjà en ligne, on ne réécrit pas tout d’un bloc, on avance section par section pour ne rien casser. Comptez une heure pour un article classique, deux pour une page d’accueil surchargée de blocs.
- Listez les URL qui cumulent plusieurs H1 dans le code source et notez la position de chacun.
- Décidez quel titre reste, généralement celui que le lecteur voit en haut de la page.
- Corrigez le gabarit pour qu’il cesse d’ajouter le sien, puis videz le cache avant de vérifier.
Un mot sur les images et les widgets : les légendes, les titres de blocs latéraux et les appels à l’action générés par le thème n’ont pas besoin de balises Hn. Supprimez-les partout où ils se répètent, cela allège la lecture pour Google autant que pour vos visiteurs.

Vérifier les dégâts sur vos pages déjà publiées
Une fois le thème corrigé, il reste les pages anciennes, rédigées avec les mauvais réflexes. Passer dessus prend du temps, mais l’effort se concentre sur vos contenus les plus visités, ceux qui vous ramènent du trafic et méritent un balisage propre. Le reste peut attendre, personne ne vous reprochera un H3 orphelin sur une note publiée il y a huit ans.
Pour chaque page, vérifiez trois choses : un seul H1, des H2 qui suivent un ordre logique de lecture, aucun saut de niveau du type H2 vers H4. Ce dernier point est plus fréquent qu’on ne le croit, parce que les constructeurs visuels proposent des styles de titres sans rapport avec leur niveau réel.
La hiérarchie est une décision, pas un réglage
Tant que votre thème décide à votre place, vos titres ne valent rien pour Google. Le repérage dans le code source, la suppression du titre généré automatiquement et une passe de vérification sur les pages existantes suffisent à reprendre la main, sans refonte ni budget. Le plus dur n’est pas technique : c’est d’accepter de perdre un peu de mise en forme pour gagner une structure lisible. Combien de vos pages, aujourd’hui, portent deux titres sans que vous le sachiez ?